Coïncidences.

Mois

juin 2013

7 billets

Jun 12, 2013
“Le cœur viril des hommes est un refuge à morts qui vaut bien l’esprit.” —André Malraux, La Condition humaine
Jun 11, 2013
Jun 11, 20133 notes

Et la mort passe par vagues successives. Les gens sont retournés, pliés en deux à l’envers, arrachés de leurs sièges, comme les dents sont arrachées des crânes, les gens sont aveuglés, leurs corps projetés dans l’atmosphère contre le plafond et puis chassés à l’arrière de l’avion, s’écrasant contre les autres passagers qui hurlent, tandis que des morceaux d’aluminium ne cessent de se détacher du fuselage, de tournoyer dans l’avion bondé et de découper des membres, et le sang se met à tourbillonner partout, les gens en sont trempés, le crachent par la bouche, clignent les paupières pour le chasser de leurs yeux, et puis un énorme pan de métal vole à travers la cabine et scalpe une rangée entière de passagers, leur découpant le sommet du crâne, tandis qu’un autre éclat traverse le visage d’une jeune femme, lui coupant la tête en deux mais sans la tuer vraiment.

- Glamorama, Bret Easton Ellis.

Jun 11, 2013
Jun 11, 2013
Jun 9, 20132 notes

Comme un rosaire

s’égrène

pour le repos

d’une âme

mes nuits s’en vont

par cinq

dans un silence

de monastère

hanté

- Léon Gontran Damas.

Jun 9, 20134 notes

avril 2013

18 billets

Apr 29, 20133 notes
Apr 29, 2013

C’est une révélation que d’être insulté, méprisé publiquement. On fait la connaissance de certains mots qui n’étaient jusqu’alors que des accessoires de tragédie et dont on se voit tout d’un coup affublé, accablé. On n’est peut-être plus celui qu’on croyait. On n’est plus celui que l’on savait, mais celui que les autres croient connaître, reconnaître pour tel ou tel, si quelqu’un a pu penser cela de moi, c’est qu’il y a quelque vérité là-dessous. On essaie d’abord de prétendre que ce n’est pas vrai, que ce n’est qu’un masque, une robe de théâtre qu’on vient de jeter sur vous par dérision et on veut les arracher, mais non : ils adhèrent tellement qu’ils sont déjà votre visage et votre chair et c’est soi-même qu’on déchire, en voulant s’en dépouiller.

- Marcel Jouhandeau, De l’abjection.

Apr 29, 20133 notes
Apr 29, 2013
“Rien ne trahit tant le vulgaire que son refus d’être déçu.” —Cioran, Syllogismes de l’amertume.
Apr 29, 20132 notes
Apr 15, 2013
Apr 15, 2013

Ô vous, si tendres, cheminant parfois

parmi le souffle qui ne vous est rien,

laissez qu’il se divise sur vos joues ; 

après vous, il frémit, puis se rejoint. 

Ô vous les bienheureux, ô vous les saufs

qui semblez le commencement du coeur, 

votre sourire, arc et but de la flèche,

a plus d’éclat éternel dans les pleurs.

Souffrir, ne le redoutez point : rendez

ce poids à la terrestre pesanteur.

Lourdes sont les montagnes, lourdes les mers,

et les arbres plantés quand vous étiez petits

sont devenus depuis longtemps trop lourds

pour que vous le portiez. Mais l’air… Mais les espaces…

- Rainer Maria Rilke, Les Sonnets à Orphée (4). 

Apr 15, 20136 notes
Apr 15, 20131 note
Apr 15, 2013
“Il n’est pas de sentiment qui jette dans l’exubérance avec plus de force que celui du néant.” —L’Erotisme, Georges Bataille.
Apr 6, 201332 notes
Apr 5, 20131 note
Apr 5, 20131,686 notes
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